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Les Rifflart
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Albert-Joseph de Rifflart
Jeune encore, Albert-Joseph de Rifflart entre au service de l'Electeur Palatin Jean-Guillaume de Neubourg. Ses mérites sont appréciés car il gravit rapidement les échelons de la hiérarchie. Le 23 mars 1712, il est nommé Maître des Chasses et Commandant de la Flotte. En 1716, le successeur de Jean-Guillaume, Charles-Philippe de Bavière, en fait son Intendant. En 1733, il lui confie le poste de Gouverneur du jeune Charles-Théodore, Duc de Sulzbach, prince héritier du Palatinat. Quand celui-ci arrive au pouvoir, il confirme notre marquis d'Ittre dans toutes ses fonctions et en fait son Premier Ministre d'Etat.
 
La Cour de Mannheim fut en ce milieu du XVII le siècle une des plus brillantes d'Europe. Deux artisans à cette renommée : Charles-Théodore qui fut un prince éclairé Il reçut Voltaire avec faste — mais aussi AlbertJoseph de Rifflart qui contribua grandement à cette gloire par d'exceptionnelles qualités.
Revenons à Ittre où la mésentente règne entre le marquis d'Ittre et ses frères à propos d'héritage. La mort de leur père et de Jean-Hélène, leur frère aîné, avait en effet donné lieu à une importante succession. Après plusieurs projets de partage, les frères concluent en 1745 un pacte de famille. Il est décidé qu'Albert-Joseph gardera le marquisat d'Ittre et « la grande maison de Bruxelles ».
C'est à ce moment qu'Albert-Joseph pense à restaurer son château et remettre en ordre le domaine. Le retour de Mannheim s'annonce d'autant plus qu'une infirmité le prive petit à petit de l'usage de ses mains.

UNE QUANTITE DE BOUES, DESCOMBES...
L'année 1745 voit la réalisation d'une entreprise d'envergure : on vide et nettoye l'étang du château « dans lequel il y avoit quantité de boues, descombes et autres matériaux embouléz par la démolition qu'on avoit fait de deux toures audit château passéz peu d'années... » ( 1 ). Joseph Randoux reçoit pour ce travail 210 florins.
L'arrière-saison 1746 est mise à profit pour « démonter et remonter les grandes fenêtres du château ». C'est le meunier Daniel Robert qui possède sans doute de solides qualités de charpentier, qui se charge du travail.
On commande à Marie-Catherine Bilvart 10.275 ardoises (coût 98 florins) pour que Jean-Joseph Col puisse achever de « démonter et remonter le toit du château
Nicolas de Villers, plombier à Nivelles reçoit 20 florins 8 sols pour le plomb livré pour « faire les gouttières en la place des grandes fenêtres ».
On demande également à Pierre-Joseph Ferier, « maître-maréchal » à Ittre divers ouvrages de forge.

DE NOUVEAUX JARDINS
D'avril à octobre 1747, les ouvriers s'affairent à créer de nouveaux jardins et à aménager le parc.
14 florins 8 sols sont dépensés pour six nouvelles brouettes montées par le charron.
1.400 arbres sont plantés et déplantés par Jacques-Joseph Warbecqz et Alexandre Balsacq.
En octobre, 113 florins sont payés aux ouvriers qui ont travaillé à aplanir les terres dans le verger et « joutière » du château. Relevons que pendant tous ces travaux le brasseur livre régulièrement de la bière aux ouvriers.
On fait appel aux maçons pour « raccomoder le quartier du nouveau jardiner ». Ils s'occuperont également de remonter la muraille contre le jardin d'en bas et reconstruire la petite place sur la cour du château.

UN DESSIN DU CHATEAU ET DES CARTES FIGURATIVES.
Nicolas Desmoulin est chargé par le marquis d'Ittre de représenter son château. Il reçoit 1 florin 8 sols pour un voyage à Ittre qu'il a fait « afin de voirre le château ».
Un travail d'importance est demandé à la fin de l'année 1747 au géomètre Braeckman de Nivelles. Il s'agira d'arpenter, mesurer et reproduire par des cartes figuratives ( 3 ) les biens du marquis d'Ittre. Pour « avoir été 1749

UNE AFFLUENCE DE CORPS DE METIERS
C'est le « masson étranger » Jacques Gilles qui avec ses associés construira les nouvelles écuries dans la basse-cour du château et à la brasserie. Ils recevront pour ce travail plus de 1.170 florins.
28.150 ardoises sont achetées pour couvrir les « neuves écuries et autres bâtiments ». Antoine Camu, vitrier, façonne les vitres du nouveau quartier. Nicolas Bonnet s'occupe de la menuiserie. 136 florins sont donnés au forgeron pour « les ferailles qu'il a fait aux portes et aux fenêtres du nouveau quartier
La chapelle du château ne sera pas oubliée dans la restauration générale. Outre son réaménagement intérieur, on y refait les plafonds et on répare les toits.
UNE FONTAINE, UN JET D'EAU ET DES BUSES
En novembre 1750, une nouvelle fontaine est érigée au château. JeanJoseph Bouvry en pose les « buses » pour 7 florins.
Au printemps suivant, un nouveau jet d'eau sera placé et d'importants travaux de plomberie seront effectués. Pierre-Joseph Cotinne recevra pour le jet d'eau, les buses et autres ouvrages 337 florins.

UNE MESSE ET UN « ESCRITEAU »
Après 1751, on continuera à travailler au château et aux jardins mais le gros oeuvre est accompli. C'est hélas seul qu'Albert-Joseph revient dans ses terres d'Ittre et son château remis à neuf. Sa femme, Isabelle-Catherine de Fourneau de Cruquembourg, est en effet décédée à Mannheim le 4 octobre 1750. Le 24 octobre, une messe solennelle est célébrée à Ittre pour l'âme de la défunte. Une somme de 36 florins 6 sols est donnée pour la messe « y compris les prêtres y assistant et les aumônes données aux pauvres ledit jour
Frère Hubert aussi est mort car on demande à Jacques Darquenne, tailleur de pierres, de graver « l'escriteau » sur sa tombe.
Les corps de métiers affluent au château en cette année 1749. On y reverra les ardoisiers, les maçons, les charpentiers, les jardiniers, les ferronniers tandis que de nouveaux artisans feront leur apparition : paveurs, horlogers, tapissiers, plafonniers, vitriers redonneront un lustre à la vieille demeure.
Le 17 février, Marie-Catherine Bilvart reçoit 143 florins 7 sols pour les 15.800 ardoises fournies au château.
Au cours de ce mois, on pense à repeupler les étangs ; on achète au Proviseur des Sept Fontaines « des jeunes carpes et des carpes plus grandes » ; on commande également un « fillet à pêcher ».
En mars, c'est le vestibule du château qui est remis à neuf, les pavements et « autres pierres de marbre de Namur » sont achetés pour 154 florins. Le 14 avril, le donjon est repavé par Henri Frederic « maître-paveur » et ses associés.
Le 12 juin, Jean-Jacques Leblanc « maître-orlogeur » reçoit 7 florins pour avoir « netoié et raccomodé » les deux horloges du château. Peu après Hubert de Lannoy entreprend de restaurer les carrosses et Hubert Danneau se charge pour 3 florins de réparer le tournerôt.
En juillet, le tapissier Van Meckelen remet de nouveaux tapis et nettoye les anciens. Après les tapis, les matelas. Jacques Mambour reçoit 11 florins
3 sols pour avoir « rebatu et livré la toille pour deux matelas dudit château ».
Les jardins sont particulièrement soignés. On achète chez le tonnelier Antoine Godeau une tinne, 2 sceaux, 234 cercles, un grand arrosoir en cuivre et des « ciseaux ». Le jardiner Laurent Geerts recevra la somme impressionnante de 644 florins pour les travaux de ses ouvriers au jardin et au parc au cours de l'année.
Outre d'importants travaux de menuiserie, il est décidé de restaurer les plafonds. Jacques Lambillotte reçoit le 8 octobre 122 florins pour le travail accompli.
Le même mois, un vitrier, Philibert Bourgeois, fait l'inspection des fenêtres et remplace ce qui est nécessaire.
En octobre encore, les fontaines du château reçoivent deux bacs en marbre.
Les travaux se font dans la bonne humeur. Jacques Francqz « fermier de la brassinne » est chargé de fournir la bière et la nourriture à tout ce monde du travail.
Les comptes de gestion nous apprennent encore qu'on achète l'hiver force « chandeilles » pour que les ouvriers puissent continuer à travailler. Enfin, tout cela ne se fait pas sans désagréments pour les collections du château; Pierre Romain reçoit 10 florins « pour la garde de quelques livres réfugiés à Nivelles

UN NOUVEAU QUARTIER AU CHATEAU
Une somme importante est payée à Remy Zerghe « abatteur de bois » pour avoir « abattu et déffaict. des arbres pour l'usage dudit château ». De même, on paye 249 florins aux scieurs de bois pour « une quantité de planches et bois de touttes espèces ».
Boniface Gerard se chargera de la façon de 80.000 briques au commencement de l'été 1750. 32 navées de pierre brute sont également commandées.
Un garnisseur restaure un des carrosses du château.
////I////IN/È/,—
Le château d'Ittre, sa basse-cour et ses jardins, l'église et le village en 1662. - Extrait de la planche consacrée à la baronnie d'Ittre dans la



« Avant d’être un patronyme ancré dans les registres paroissiaux de Malonne, Rifflart était peut-être le cri d'un métier o  le reflet d'une force. Qu'ils soient descendants d'anciensouvriers bâtisseurs
de la Principauté de Liège ou héritiers de Jehan Rifflart
, maître des forges des Deux-Ry au XVIe siècle, les membres de cette lignée ont forgé leur destin dans le fer et la pierre de la région namuroise. »
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