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Philippe de Rifflart, baron d'Ittre
Les successions fraternelles et l'accès au pouvoir


L’histoire de la seigneurie d’Ittre à la fin du XVIe siècle est marquée par une succession rapide au sein de la famille de Rifflart. Guillaume de Rifflart voit d'abord s'unir sa fille Marguerite à Guillaume de Herzelles en 1573. Son fils aîné, Jehan, destiné à lui succéder, meurt malheureusement dans sa jeunesse.
 
C’est donc le second fils, Martin de Rifflart, qui reprend le flambeau. Le 16 juin 1579, il relève la seigneurie d’Ittre ainsi que celle de Tongre-Saint-Martin. Martin épouse Catherine de Crehen, mais son destin est brièvement interrompu. Sentant sa fin proche, il rédige son testament le 9 mai 1582 et s'éteint peu de temps après, sans laisser de descendance.
 
II. La jeunesse et les engagements ligueurs de Philippe de Rifflart
 
Philippe de Rifflart, frère de Jehan et Martin, se retrouve alors l'héritier des biens familiaux. Encore jeune adulte, sa situation évolue par étapes. Dès 1581, il relève le winage du pont sur la Meuse ainsi que la seigneurie de Rosée. À la mort de son frère, il relève officiellement la seigneurie d’Ittre en 1583.
Porté par l'ardeur de sa jeunesse et sa foi catholique, Philippe s'engage comme volontaire en France au sein des troupes de la Sainte Ligue. Il plonge au cœur d'un conflit qui dépasse le simple cadre militaire pour devenir une guerre idéologique féroce contre Henri IV.
 
Pendant son séjour, le royaume de France traverse des crises majeures :
Février 1589 : À Lyon, les ligueurs s'emparent du pouvoir. Des auteurs comme l’humaniste Claude de Rubys théorisent la résistance légitime contre un roi jugé tiède envers la foi catholique, rejoignant paradoxalement les thèses des monarchomaques protestants.
1590–1591 : Henri IV assiège Paris et tente de s'en emparer par la ruse, notamment lors de la célèbre « Journée des Farines ».
1591–1596 : À Marseille, Charles de Casaulx instaure une dictature ligueuse.
 
III. Le retour à Ittre, alliances et gestion des terres
 
Après ses campagnes françaises, Philippe de Rifflart revient sur ses terres. Le 26 septembre 1591, il épouse Jeanne van de Eekoute (parfois orthographiée d'Eechaute), fille de Gilles, seigneur de Pumbeke, et de Barbe Thieulaine.
 
Sous son règne, le calme et la diplomatie reviennent enfin au niveau local, marquant la fin des tensions historiques entre les familles de Fauquez et de Rifflart. Philippe modernise les infrastructures de la seigneurie : il fait reconstruire le moulin ronquiérois ainsi que la prison seigneuriale, dite « la gayolle ». Le moulin ronquiérois, initialement hérité par Henri IV de ses ancêtres, est vendu par ce dernier à Charles d'Arenberg, entrant ainsi dans le patrimoine de la famille d'Arenberg jusqu'en 1916.
 
En parallèle, les alliances familiales continuent de redéfinir la région. En 1596, Isabelle d'Ittre, fille d'Antoine d'Ittre (docteur en droit et conseiller de Brabant, issu de la descendance naturelle des seigneurs d'Ittre), épouse Jean de Caestre, conseiller et maître des requêtes au Grand Conseil de Malines. Cette union donne naissance à la lignée des Ittre de Caestre.
 
Les dernières années de Philippe sont consacrées à la gestion de son patrimoine :
7 mai 1598 : Philippe transporte à Thierry de Rifflart une rente sur le winage du pont de Meuse.
23 mars 1599 : Il cède la seigneurie de Rosée à sa quatrième sœur, Françoise de Rifflart, épouse de Philippe Pletincx, seigneur de Ripain et de Tassenière.
 
IV. Fin de vie
 
Philippe de Rifflart s'éteint en 1604. Après son décès, son épouse Jeanne (Barbe) se remarie en mai 1600 [Note historique : il y a une contradiction de date dans les registres si Philippe meurt en 1604 et qu'elle se remarie en 1600 ; à vérifier s'il n'est pas mort juste avant 1600] avec Désiré van Malcote, dit de Kessel. Cet écuyer, seigneur de Neufour, licencié ès lois, exercera la fonction de mayeur de Nivelles.
 



« Avant d’être un patronyme ancré dans les registres paroissiaux de Malonne, Rifflart était peut-être le cri d'un métier o  le reflet d'une force. Qu'ils soient descendants d'anciensouvriers bâtisseurs
de la Principauté de Liège ou héritiers de Jehan Rifflart
, maître des forges des Deux-Ry au XVIe siècle, les membres de cette lignée ont forgé leur destin dans le fer et la pierre de la région namuroise. »
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