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Nicolas de Rifflart, la carrière et sa vie privé entre 1503 et 1531
Nicolas de Rifflart, l’Ascension d’un Serviteur de l’Empire
 
L’histoire de Nicolas de Rifflart est celle d’une ascension sociale fulgurante au cœur du XVIe siècle. Fidèle serviteur de la maison de Habsbourg, il a su transformer ses compétences de gestionnaire en une fortune foncière et un titre de noblesse, marquant de son empreinte la ville de Namur et les rouages de l'État bourguignon.

 
I. Les Débuts et l'Installation à Namur
Après avoir quitté Mons vers 1502, Nicolas suit son mentor dans le comté de Namur. Il s’établit à l’ombre de l'église Saint-Aubain. Sa carrière prend une dimension européenne lorsqu'il devient écuyer de Marie d’Autriche, sœur de Charles Quint et future régente des Pays-Bas.
En 1509, il est nommé Receveur Général du Comté de Namur, une charge prestigieuse qu'il occupera, malgré quelques interruptions, jusqu'à sa mort en 1531.
II. L'Homme de Confiance et l'Argentier du Roi
Nicolas ne se contente pas de gérer les impôts locaux ; il est un véritable "missi dominici" entre les capitales de l’époque (Malines, Bruxelles, Lille).
Gestionnaire de crise : Il supervise les réparations stratégiques, comme celles de la tour du château de Namur (1509) ou du grand moulin de Sambre (1514).
Financier de guerre : En 1511 et 1513, il achemine des sommes colossales (des milliers de livres) pour financer les troupes durant la guerre de Gueldre.
Négociateur : Il rachète des terres engagées par le Comte, comme la terre d’Atrive en 1512.
Le point d'orgue de sa carrière survient le 21 mai 1517 : il est désigné Argentier pour le voyage de Charles Quint vers l'Espagne. Il voyage sur le navire royal, aux côtés du futur Empereur et de la haute noblesse.
 
III. Noblesse et Honneurs
C'est durant cette expédition espagnole que Nicolas de Rifflart change de statut social :
Anoblissement : Le 15 juillet 1518, l'empereur Maximilien l'anoblit à Augsbourg, titre confirmé sans frais par Charles Quint en décembre.
Armoiries : Il porte désormais un écu coupé d'argent et de sinople (vert), orné de trois aigles de sable et d'une rose d'argent.
Le retour d'Espagne : Il rapporte des richesses (orfèvrerie, tapisseries) et revient accompagné d'un jeune Maure, Balthazar, qu'il fera baptiser, éduquer et établir sur ses terres à Haneffe.
À son apogée, il cumule les titres de Maître ordinaire des comptes à Lille et de Bourgeois de Namur, tout en exerçant la fonction de Mayeur de la Cour Saint-Aubain.
 
IV. Un Patrimoine d'Exception
Grâce à ses gages et à son sens des affaires, Nicolas bâtit un empire foncier impressionnant :
Seigneuries : Il acquiert Tongre-Saint-Martin (pour 12 500 florins), Gossignies, Hemetynes et la seigneurie des Chaudrons à Rosée.
Rentes et Fiefs : Il investit dans le fief de la Montagne à Champillon, l’Huisserie du Comté, et les afforages de Bouvignes.

V. Fin de Vie et Postérité
Usé par ses nombreux voyages, Nicolas délègue ses missions à ses clercs (Bieron, Seilles, Merck) à partir de 1526. Son dernier voyage officiel a lieu à Bruxelles en février 1531.
Il s'éteint peu après et est inhumé en l'église Saint-Jean l'Évangéliste de Namur, paroisse historique de la famille. Sa veuve, Jehenne Bernard, prend possession de ses biens en 1534, consolidant ainsi l'héritage d'un homme qui, d'expert comptable, devint l'un des piliers de l'administration impériale en Wallonie.


« Avant d’être un patronyme ancré dans les registres paroissiaux de Malonne, Rifflart était peut-être le cri d'un métier o  le reflet d'une force. Qu'ils soient descendants d'anciensouvriers bâtisseurs
de la Principauté de Liège ou héritiers de Jehan Rifflart
, maître des forges des Deux-Ry au XVIe siècle, les membres de cette lignée ont forgé leur destin dans le fer et la pierre de la région namuroise. »
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