Située en Province de Liège, Huy est une cité millénaire nichée au confluent de la Meuse et du Hoyoux.
Ancienne "Bonne Ville" de la principauté de Liège, elle est célèbre pour ses "quatre merveilles", dont sa majestueuse Collégiale Notre-Dame et Saint-Domitien et son imposant Fort de Huy qui domine la vallée. La ville est également un haut lieu du cyclisme mondial grâce au mythique Mur de Huy, juge de paix de la course classique "La Flèche Wallonne".
L’âge d’or médiéval (An 1000 - XIVe siècle)
Dès l'an 1000, Huy s'impose comme une place marchande incontournable. Cette ascension s'accélère après l'action du comte Ansfrid. Dernier comte particulier de Huy avant de devenir évêque d'Utrecht, il fait don de son comté à l'Église de Liège en 985, rattachant définitivement la ville à la Principauté de Liège.
En 1066, le prince-évêque Théoduin de Bavière octroie aux Hutois la plus ancienne charte de libertés d’Europe occidentale. Ce personnage clé de l'histoire locale accorde cet acte juridique, qui libère une partie de la population du servage et stimule l'artisanat, en échange d'une aide financière des Hutois pour reconstruire la collégiale où il est enterré.
La ville fonde sa richesse sur la Meuse qui facilite le commerce à longue distance. Les artisans excellent dans la métallurgie, la draperie et le travail du cuivre. Dans ce domaine, Renier de Huy s'impose au XIIe siècle comme un orfèvre et dinandier d'exception de l'art mosan. On lui attribue notamment les célèbres fonts baptismaux de l’église Saint-Barthélemy de Liège, chefs-d'œuvre mondiaux de la fonte de bronze. En parallèle, le vignoble hutois en pleine expansion sur les coteaux de la Meuse produit un vin réputé exporté dans toute l'Europe du Nord. C’est aussi l’époque de la construction de la chartreuse et des prémices de la collégiale Notre-Dame, joyau du gothique mosan.
La ferveur religieuse de l'époque est aussi marquée par Sainte Juette (Yvette) de Huy. Veuve très jeune, cette célèbre mystique refuse le remariage pour soigner les lépreux de la maladrerie de Statte, avant de vivre recluse, murée dans une cellule adossée à l'église. Plus tard, la vie intellectuelle hutoise brille également grâce à Henricus Reneri (Henri Reneri). Ce philosophe et mathématicien né à Huy devient le grand ami et proche collaborateur de René Descartes, contribuant à propager la pensée cartésienne dans les universités hollandaises.
Les temps de crises et de révoltes (XIVe - XVe siècle)
Le XIVe siècle marque le début de tensions sociales et politiques. Les corporations de métiers, appelées les « Bons Métiers », luttent pour participer à la gouvernance de la cité face au patriciat urbain. Huy s'oppose parfois directement aux princes-évêques de Liège pour défendre ses privilèges.
Ces conflits internes s'accompagnent de rivalités régionales, notamment avec la ville voisine de Namur et le duché de Bourgogne. Malgré ces troubles, la ville maintient ses foires annuelles, attirant des marchands venus d'Allemagne, de France et des Pays-Bas.
Le Vieux Huy
Ce nom est donné par les plans à rentrée du quartier. Par une pittoresque ruelle longeant l’hôtel de ville, on aboutit à une petite place plantée d’arbres, au charme discret mais combien séduisant: la Place Verte, entièrement restaurée en 2013.
L’église Saint-Mengold : sans doute après la Collégiale, l’édifice religieux le plus connu des Hutois : sa haute tour, de la fin du XVIe siècle, la signale à l’attention de qui parcourt la Cité ; de plus ses abords pittoresques continuent à charmer peintres et promeneurs ; naguère encore église paroissiale très fréquentée, le bâtiment est aujourd’hui un lieu d’exposition et de spectacles.
Cet édifice gothique du XV siècle, remanié au XIXe siècle, remplace un sanctuaire plus ancien. La base de la tour remonte au début du XIIIe siècle.
L’église Saint-Mengold : sans doute après la Collégiale, l’édifice religieux le plus connu des Hutois : sa haute tour, de la fin du XVIe siècle, la signale à l’attention de qui parcourt la Cité ; de plus ses abords pittoresques continuent à charmer peintres et promeneurs ; naguère encore église paroissiale très fréquentée, le bâtiment est aujourd’hui un lieu d’exposition et de spectacles.
Cet édifice gothique du XV siècle, remanié au XIXe siècle, remplace un sanctuaire plus ancien. La base de la tour remonte au début du XIIIe siècle.
En face de Saint-Mengold, la Maison Juvénal (ancienne Maison Nokin) . Très intéressant exemple de l’architecture gothico-renaissance du XVIe siècle ; en forme de L, il est occupé dans l’angle intérieur par une tourelle-escalier semi-hexagonale ; son pignon offre encore le tracé des anciennes fenêtres à arc brisé. Un cordon mouluré souligne les étages; les linteaux s’ornent d’arcs en accolade. Le bâtiment abrite aujourd’hui une salle d’expositions, la Galerie Juvénal.
Poursuivre par la rue Saint-Mengold. L’ancien presbytère de St Mengold, Rue Saint-Mengold nr 5. Cette intéressante bâtisse, datée 1734-1758 par les ancrages de la façade fut construite en plusieurs phases sur un schéma inspiré de la Renaissance mosane.Sa cour ombragée s’inscrit mervellleusement dans l’environnement de Saint- Mengold.
Par la ruelle des Frères Mineurs, on arrive au Musée communal abrité dans l’ancien couvent des « Frères Mineurs »
Cette jolie ruelle authentique, entourée de part et d’autre de hauts murs séculaires, conduit sous un « arvô », construit sur voûte. Ce petit passage au dessus de la ruelle permettait jadis de passer de la maison du gouverneur au couvent, à l’abri des regards indiscrets.
Couvent les augustins a Huy
C’est en 1234 que cet emplacement fut offert aux Frères Mineurs pour y établir leur couvent.
De l’église, une des premières églises gothiques hutoises après Saint-Mort, ne subsistent que deux baies de style rayonnant, vestiges du chevet de cette église à deux nefs. Le sentier rejoint la rue Vankeerberghen.
Le remarquable portail monumental, rare exemple de style baroque anversois (1658) donne accès à un cloître jumeau de celui du couvent des Frères Mineurs de Liège. La construction débuta en 1662, elle est l:œuvre en style Renaissance Mosane de l’architecte Servais de Harre.
C’est en 1234 que cet emplacement fut offert aux Frères Mineurs pour y établir leur couvent.
De l’église, une des premières églises gothiques hutoises après Saint-Mort, ne subsistent que deux baies de style rayonnant, vestiges du chevet de cette église à deux nefs. Le sentier rejoint la rue Vankeerberghen.
Le remarquable portail monumental, rare exemple de style baroque anversois (1658) donne accès à un cloître jumeau de celui du couvent des Frères Mineurs de Liège. La construction débuta en 1662, elle est l:œuvre en style Renaissance Mosane de l’architecte Servais de Harre.
Les ancrages vous donneront les dates des différentes ailes : 1664.1669,1687 et une restauration de 1928.
Les bâtiments des Frères Mineurs abritent le Musée communal.
Dans le magnifique couvent des Frères-Mineurs presque entièrement reconstruit en style mosan dans le courant du XVIIe siècle, le Musée communal de Huy couvre toutes les activités des Hutois de la Préhistoire à nos jours. Plus particulièrement dédié aux Beaux-arts et aux Arts Décoratifs, le musée présente également des objets archéologiques, ethnographiques ou relevant de l’archéologie industrielle. Le musée est composé de dix salles entièrement rénovées entre 2002 et 2010.
L'histoire du couvent des Augustins à Huy s'étend du XVIIe siècle à nos jours, marquée par des déménagements successifs et une reconversion contemporaine en hébergement touristique
Les étapes clés de son histoire
1615 (Fondation) : Les religieux de l'Ordre des Augustins s'établissent à Huy. Ils s'installent initialement dans une propriété privée qui appartiendra plus tard à la famille Fabri-de Lhoneux. Leur présence donnera son nom à la rue des Augustins, l'une des plus longues artères de la ville.
1773 (Suppression des Jésuites) : Le pape supprime l'ordre des Jésuites. Les Augustins convoitent alors leurs infrastructures.
1779 (Le grand déménagement) : Après de longues rivalités, les Augustins quittent leur premier établissement pour s'installer officiellement dans l'ancien complexe des Jésuites.
1900-1901 (Destruction de l'église) : Les derniers vestiges de l'église du couvent des Augustins sont détruits lors des travaux d'agrandissement de l'École normale de la ville
L'ancienne structure conservée au cœur de la ville médiévale témoigne de l'architecture de la Renaissance mosane, caractérisée par des façades en briques rouges, des fenêtres à meneaux et des corniches en pierre.
Le site a préservé son jardin cloîtré d'origine entouré d'une ancienne muraille, ainsi que des fresques bibliques intérieures. Le bâtiment a été réhabilité pour accueillir une structure touristique et propose une chambre d'hôtes de charme.
(Note : Ne pas confondre ce couvent d'hommes avec le "couvent des Augustines", une clinique construite en 1874 sur l'avenue Notre-Dame et démolie en 1972)
À l'époque de l'Ancien Régime, la direction du couvent des Augustins à Huy était assurée par un prieur, conformément aux règles de l'Ordre de Saint-Augustin.
🏛️ L'organisation de la direction
Le Prieur : C'est le supérieur local élu ou nommé pour diriger la communauté des frères à Huy. Il gérait la vie spirituelle, l'administration des biens et les relations parfois très tendues avec les autres ordres de la ville (notamment les Jésuites).
Le Provincial : Le prieur de Huy ne décidait pas de tout de manière isolée. Il référait directement au Provincial, le supérieur de la Province de Belgique (puis de la Province de Liège selon le découpage de l'époque).
Le Conseil : Le prieur gérait le quotidien assisté d'un sous-prieur et d'un économe (le procureur) choisi parmi les religieux du couvent hutois.
Cela s'explique par le fait que le bâtiment préservé aujourd'hui a abrité l'Ordre des Célestines (des religieuses) avant que les Augustins ne récupèrent une partie des infrastructures ou ne marquent le quartier de leur nom. Les archives de Huy mentionnent notamment d'importantes altercations en 1647, lorsque le vicaire général de l'évêque a dû intervenir pour renvoyer la prieure Poiret dans son couvent d'origine à Nancy afin de rétablir l'ordre.
L'histoire du couvent des Augustins à Huy est marquée par une cohabitation tumultueuse avec les autres ordres religieux et par un mode de vie partagé entre contemplation et engagement dans la ville
L'arrivée des Augustins à Huy en 1615 déclenche immédiatement une guerre d'influence acharnée avec la Compagnie de Jésus (les Jésuites), déjà implantée localement depuis 1614-1617. Ce conflit, qui a duré plus de trente ans, reposait sur trois rivalités majeures :
La concurrence pastorale et l'éducation : Les deux ordres se disputaient les faveurs, les dons et l'influence spirituelle auprès de la bourgeoisie et des élites hutoises. Les Jésuites, très axés sur l'enseignement et la Contre-Réforme, voyaient d'un mauvais œil l'arrivée des Augustins.
La bataille juridico-identitaire : Comme le souligne l'historien Antoine Leclere dans son étude sur le sujet, les deux ordres se sont livrés à un véritable combat juridique. Ils multipliaient les recours auprès du Prince-Évêque de Liège et des autorités locales pour limiter les droits de l'autre camp (droit de prêcher, de confesser ou d'agrandir leurs bâtiments).
L'ironie de l'histoire (1779) : Les Augustins finiront par "gagner" ce conflit territorial par forfait. En 1773, le pape supprime l'ordre des Jésuites. Après des années de procédures, les Augustins quittent en 1779 leur premier couvent pour s'emparer des infrastructures de leurs anciens rivaux.
Connaître la Wallonie
Contrairement aux ordres purement cloîtrés (comme les Chartreux), les Augustins sont un ordre mendiant et apostolique. Leur quotidien à Huy était dicté par la Règle de Saint Augustin et s'articulait autour de trois piliers :
La vie en communauté absolue : Le principe fondateur est de "vivre unanimes dans la maison", en mettant tout en commun. Les moines ne possédaient rien en propre (vêtements, livres ou meubles).
L'habit noir : Dans les rues de Huy, les religieux étaient facilement reconnaissables à leur longue robe de laine noire (le habit), serrée par une ceinture de cuir, complétée d'un grand capuchon.
L'ouverture sur la ville : Les moines n'étaient pas coupés du monde. Ils passaient une grande partie de leurs journées à l'extérieur pour prêcher, confesser les habitants, visiter les malades et quêter pour faire vivre le couvent.
Le cycle des prières : Le temps restant était consacré à l'office divin chanté en communauté (les heures canoniales), à l'étude théologique et au travail manuel au sein de l'enclos du couvent.