Guillaume le fils aîné - Rifflart.be 2025

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Guillaume de Rifflart
Chapitre II : L’Éveil de l’Héritier : Guillaume de Rifflart, entre Église et Seigneurie
 
L’histoire de la lignée des Rifflart au XVIe siècle s’incarne avec force dans le destin de Guillaume, fils aîné de Nicolas de Rifflart et de Jehenne Bernard. Son entrée dans la vie publique ne fut pas seulement une affaire de famille, mais un acte de déférence envers le pouvoir : en recevant le prénom de Guillaume, il fut placé dès le berceau sous l’aile protectrice de Guillaume de Croÿ, ami intime et protecteur de son père.

Le Clerc et le Lettré

Dans cette société de la Renaissance où les cadets et parfois les aînés cherchaient fortune dans le giron de l’Église, Nicolas destina son fils aux ordres. Guillaume reçut ainsi la chapellenie de Saint-Jacques au château de Namur, un bénéfice ecclésiastique convoité. Les documents du 26 février 1527 le qualifient de « clerc ». Mais derrière ce terme latin de clericus, il ne faut pas voir un prêtre en soutane, mais plutôt un homme de savoir, un lettré. Cette formation intellectuelle marqua son identité de façon indélébile : toute sa vie, il fut salué du titre respectueux de « Maître Guillaume ».
 

Namur au 16e s
Le Tournant de 1524 : L'Appel de la Terre

Pourtant, la vocation religieuse semble avoir été un vêtement trop étroit pour l'ambition du jeune homme. L’année 1524 marqua une rupture décisive. Alors qu’il n’était pas encore majeur, Guillaume fit ses premiers pas de seigneur terrien. Sous la tutelle de son mambourg, Jean d’Orbais, il fit l’acquisition du fief de la Huisserie, une terre héréditaire relevant du comté de Namur, pour la somme de 70 livres.
Ce fut le moment du choix. Sentant sans doute que son tempérament s’accordait mieux à la gestion de ses domaines qu’à la psalmodie des offices, il se défit de sa charge ecclésiastique. Il transporta la chapellenie de Saint-Jacques à Maître Jean Damgilles, déjà titulaire à Gembloux. S’il quittait l’autel, Guillaume n'en conservait pas moins le prestige de son éducation, gardant son titre de « Maître » comme un pont jeté entre son passé de clerc et son avenir de seigneur namurois.

Chronique du Temps : Le Conflit des Horizons

Extrait imaginaire inspiré des chroniques de l'époque sur le Comté de Namur et la Principauté de Liège (v. 1520-1530)
« En ces années de grâce, le pays de Namur, enserré dans ses murailles que le pinceau de Franz Hogenberg a si bien dépeintes, vivait au rythme des ambitions des ducs de Bourgogne et de la puissance de Charles Quint. Tandis que les cloches de la citadelle sonnaient pour les clercs, les bruits de la guerre et du commerce agitaient la Principauté de Liège voisine.
Sous le règne du Prince-Évêque Érard de La Marck, Liège se fortifiait, oscillant entre l'alliance impériale et les libertés communales. Entre Namur la fidèle et Liège la turbulente, la noblesse de robe et d'épée, tels les Rifflart, devait naviguer avec adresse. C'était un temps où l'on pouvait, par un simple acte de transport de bénéfice, quitter l'ombre des monastères pour la lumière des fiefs, car la terre, plus que la prière, devenait le socle des nouvelles dynasties. »
Convenance oublié par les historiens

Acte de Convenances : Guillaume, Seigneur de Rosée (9 mai 1550)
Source : Liège - Convenances et Testaments - registre 37, page 200.

Les Faits (9 mai 1550)
Le 9 mai 1550, le noble homme Guillaume de Rosée s'est présenté personnellement devant le maire et les échevins de Liège. Il a présenté un document écrit relatant une promesse faite par feu le noble homme Jean Mathis, jadis Seigneur de Ronchines et habitant de Namur.
Cette promesse avait été faite lors des négociations du mariage entre Guillaume et Demoiselle Jeanne, la fille de Jean Mathis. En présence de témoins respectables, Jean Mathis s'était engagé à donner à sa fille Jeanne, après son décès, une part égale de ses biens, au même titre que ses autres enfants, sans aucune restriction, afin de finaliser les accords de ce mariage.
Les Témoignages
Guillaume de Rosée a demandé l'audition de témoins pour confirmer que Jean Mathis avait bien promis que Jeanne participerait de manière égale à l'héritage. Pour cela, il a fait convoquer :
  • Jean Rifflart, gentilhomme résidant à Namur.
  • Demoiselle Marie Mathis, son épouse.
  • Demoiselle Jacqueline, fille dudit Jean Mathis.
Dépositions :
  • Jean Rifflart a déclaré sous serment qu'un peu avant le mariage, il avait entendu Jean Mathis affirmer qu'il donnait à Guillaume de Rosée les mêmes avantages que ceux reçus avec sa défunte épouse, Barbe de Weltz. Il a précisé que Guillaume devait hériter des biens meubles avant les autres enfants de Jean Mathis.
  • Marie Mathis, son épouse, a confirmé sous serment les propos de son mari, affirmant avoir été présente lors de ces déclarations.
L'Intervention de la Partie Adverse
François de Bovenistier, agissant comme porte-parole et représentant de Demoiselle Jacqueline, a demandé une copie du document produit par Guillaume et un délai pour y répondre, ce qui lui a été accordé.
Le 23 mai, lors de l'audience suivante, François de Bovenistier a protesté au nom de Jacqueline. Il a déclaré que l'approbation du document présenté par Guillaume ne devait pas porter préjudice aux droits de Jacqueline, se réservant le droit de présenter ses propres arguments et titres ultérieurement.
Témoignage Complémentaire (30 mai 1550)
Le 30 mai, Hubert de Wergifosse, résidant à Dinant, a témoigné. Il a expliqué avoir été envoyé autrefois par feu Demoiselle Jeanne Salmier auprès de Jean Mathis. Sa mission était de l'informer que Jeanne Salmier souhaitait marier sa fille (également nommée Jeanne) avec Guillaume de Rosée. Jean Mathis avait alors répondu qu'il était d'accord avec ce mariage et s'en remettait à la décision de sa fille.
Mariage Noble

Erection de la Baronnie d'Ittre
Guillaume de Rifflart, seigneur de Tongres-Saint- Martin, de Rosée, Seignelr d'Ittre, Tongre- St-Martin, Rozée, Jeusaine, Esceuvres, Thibermont, Raudeiimont, Sart, Haut-Justicier de St-Marie, etc.et autres lieux, premier écuyer de la reine Marie de Hongrie, fils de Nicolas de Rifflart et de Jeanne Bernard, épousa, , Jeanne de Baillencourt, dame de Familleureux.
Ce seigneur acheta par acte du 18 février 1557 la Haute-Justice des seigneuries d'Ittre, Thibermont et Raudeumont, pour la somme de 300 livres. (Voyez, son éloge dans le diplôme de l'érection de la Baronnie d'Ittre).


« Avant d’être un patronyme ancré dans les registres paroissiaux de Malonne, Rifflart était peut-être le cri d'un métier o  le reflet d'une force. Qu'ils soient descendants d'anciensouvriers bâtisseurs
de la Principauté de Liège ou héritiers de Jehan Rifflart
, maître des forges des Deux-Ry au XVIe siècle, les membres de cette lignée ont forgé leur destin dans le fer et la pierre de la région namuroise. »
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