Le Clerc 2 - Rifflart.be 2025

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Carrière de Clerc à Mons
 
L'ombre portée des Berlaymont : Un patronage déterminant
  
Au-delà des cercles marchands et de l'administration du Bailliage, l'ascension des Rifflart semble avoir été portée par la puissante famille de Berlaymont. Ce patronage aristocratique, essentiel à l'époque pour "faire carrière", se manifeste tant par des liens financiers que professionnels :
 
Le cadet et la largesse de 1487 : Dès 1487, le plus jeune de la fratrie bénéficie d'une marque de confiance majeure sous la forme d'une donation. Ce geste de "largesse" de la part des Berlaymont suggère une proximité domestique ou une récompense pour des services rendus par la famille Rifflart à la Maison de Berlaymont.
Colin et la collaboration avec Guillaumot (Guillaume) : L'aîné, notre Colin, ne reste pas en retrait. Sa carrière de clerc l'amène à fréquenter professionnellement Guillaumot de Berlaymont. Cette relation de travail avec un membre de la haute noblesse confirme que les talents de lettré de Colin étaient reconnus bien au-delà des simples marchés de village.
 
III. L'ascension d'une plume : De l'échoppe au Grand Bailliage
 
La carrière de Colin Rifflart ne se limite pas aux murs de Mons. On retrouve sa signature au bas d'actes à Saint-Omer, Lille et Arras, preuve d'une mobilité et d'une réputation qui s'étend par-delà les frontières du comté.
 
1. 1494 : Un échelon franchi
Deux ans après ses débuts, le 1er mai 1494, Colin semble avoir gravi un échelon décisif. Dans une quittance rédigée et signée de sa propre main, il se qualifie fièrement de « clerc demeurant à Mons ». Il reçoit alors 16 sous pour ses travaux d'écriture pour le Grand-Bailliage (Les ducs de Bourgogne, t.II).
Sa vie bascule alors de l'itinérance (le village d'Hoghes) vers l'effervescence de la "Bonne Ville" de Mons. Avec ses 8 900 habitants en 1491, la cité est en pleine explosion démographique et économique. Entre les marchés aux grains et les halles aux vins, Colin trouve sa place au cœur du pouvoir : le 10 août 1494, il apparaît déjà comme homme de la cour de Mons, servant de témoin officiel lors d'une vente de terres.
 
2. Le cercle des "Compagnons Clercs"
À cette époque, Colin travaille souvent aux abords de Mons, notamment à Hyon, sous la direction de Jehan d'Hoghes. Il n'est pas seul ; il dirige ou accompagne une véritable brigade de scribes. Une quittance de 1494 nous livre les noms de ses compagnons : Martinot de Hancin, Jospin de Harchies, Pierrot Mathy, Philipot Petit...
En 1497, son réseau s'illustre à nouveau. Sous l'autorité du prestigieux Guillaume de Croÿ, seigneur de Chièvres et Grand Bailli, Colin collabore avec des noms influents comme Guillemot de Berlaymont. Ensemble, ils transcrivent les actes essentiels du bailliage, confirmant l'intégration de Colin dans la haute administration.
 
3. 1502 : L'expert des eaux et rivières
La preuve la plus éclatante de la confiance que lui voue l'État se trouve dans un document du 23 juillet 1502. Colin est nommé membre d'une commission d'inspection d'envergure. Aux côtés de Johan de Hoghes et de conseillers du Hainaut, il parcourt les rivières de la Trouille, de la Haine et de l'Escaut, de Mons jusqu'à Antoing.
Pendant cinq jours, il est chargé de consigner par écrit les "défaillances" et l'état du cours des eaux. Pour cette mission d'expertise technique et administrative, il perçoit un salaire de 20 sous par jour. Ce n'est plus seulement un copiste, c'est un agent territorial avant l'heure.
 
4. Le témoin des grandes heures
Qu'il s'agisse d'escorter le reliquaire de Saint-Nicolas en 1499 pour la reconstruction d'une église, ou d'épauler Jean de Hoghes, greffier des États du Hainaut, en 1501, Colin Rifflart est partout. Sa signature et sa présence comme témoin authentifient les moments clés de la vie civile et religieuse du pays.


« Avant d’être un patronyme ancré dans les registres paroissiaux de Malonne, Rifflartétait peut-être le cri d'un métier o  le reflet d'une force. Qu'ils soient descendants d'anciensouvriers bâtisseurs
de la Principauté de Liège ou héritiers de Jehan Rifflart
, maître des forges des Deux-Ry au XVIe siècle, les membres de cette lignée ont forgé leur destin dans le fer et la pierre de la région namuroise. »
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