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Les Rifflart
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LES FACTEURS D'ORGUES RIFFLART
Eléments biographiques Essai d'une chronologie de leurs activités

 Au moins sept Rifflart de la même famille exercèrent comme facteurs d'orgues, durant trois géné­rations, de 1773 jusqu'à la fin du XIXème siècle. Leur zone d'activi­tés s'étendit surtout à la région de Dinant oü la plupart étaient éta­blis, et au Brabant Wallon. On les rencontre cependant aussi bien à Liège et Malmédy qu'à Tirlemont.
 
Si les productions des Rifflart furent d'importance secondaire (ils construisirent surtout des instru­ments "utilitaires" et destinés à des églises rurales), il n'en reste pas moins qu'il s'agissait d'orgues de très bonne qualité, de facture artisanale fidèle à la tradition clas­sique, moyennant quelques conces­sions au goût de l'époque. Ceci ne veut pas dire que ces facteurs restèrent fermés à toute innovation technique. Au contraire, puisqu'ils mirent au point un type spécial de sommier qui présentait l'avantage de permettre des interventions sans devoir déposer toute la tuyauterie. Des exemplaires ont montré que ce type de sommier était apte à fonctionner correctement depuis près d'un siècle et demi.
 
S'ils étaient estimés, les orgues des Rifflart n'ont quand même ja­mais bénéficié d'un engouement comparable à celui que suscitaient les réalisations de leurs contempo­rains De Volder, Loret ou Merklin (qui présentaient il est vrai une autre envergure). La production des Rifflart cessa d'ailleurs avec le XIXème siècle. Et aujourd'hui, alors que nous sommes encore sou­vent épris de purisme, l'esthétique hybride ou en tout cas hésitante qui caractérise les orgues Rifflart n'est pas faite pour leur attirer une grande attention.
 
Des événements récents comme la restauration par les "Artisans Facteurs d'Orgues de Tournai" de l'orgue de Biez (Rifflart 1843), près de Wavre, doivent cependant inciter à reconsidérer cette attitude. Cet instrument nous est en effet parvenu pratiquement dans son état initial, et un relevé complet de sa tuyau­terie61 pourra servir de base à la restitution de celle d'autres "Rif­flart" de facture comparable.
 
 
 
 Nous allons suivre la synthèse issue d'investigations dans les Archives de l'Etat à Namur (état civil d'Annevoie, de Bouvignes et de Malonne), et dans les registres d'état civil conservés à l'Hôtel de Ville d'Yvoir. Ces derniers ont été entièrement dépouillés; il n'y a plus, actuel­lement, de Rifflart en vie à Yvoir. Le dernier descendant de cette famille dans cette localité fut Ernest François Ghislain, né en 1869.

Gilles Joseph '1744-1817)

Le premier Rifflart .dont les archives mentionnent avec précision la pro fession de "facteur d'orgue" est Gilles Joseph. Si les registres paroissiaux d Malonne fournissent son acte de baptême à la date du 4 mai 17441, ils res tent par contre muets quant à la profession et l'origine de son père, Jea François, marié en 1734 à Jeanne Marie Namèche2.
 
 
En novembre 1772, Gilles Joseph épousa Marie Joseph Creuse3 ; elle h donnera cinq enfants: François Joseph, né en août 17441*, Anne Thérèse, né en 1775 et décédée à Bouvignes en 180 55 , Ferdinand Joseph, né en 17795 Charles Louis Joseph, né en 17887, et Léonore Joseph, née en 17958 . Toi ces enfants sont nés à Bouvignes, et les trois descendants mâles continueror la profession de leur père.
 
Du fait que l'acte de mariage de Gilles Joseph Rifflart soit mentionr dans les registres paroissiaux de Malonne et que le baptême de son premic enfant figure dans ceux de Bouvignes, on peut déduire que c'est entre noverr bre 1772 et août 1773 que le facteur s'est installé dans cette dernière localit
 
La première activité connue de ce facteur se situe peu après ce démén< gement: il s'agit de l'entretien de l'orgue de l'église abbatiale d'Andeni pour 2 pistoles par an9 . A signaler ensuite une réparation de l'orgue c l'église St-Remacle-au-Mont à Liège en 1777. 11 avait été convenu pour ] carolins, soit 200 florins, que Rifflart "remette les claviers à neuf et le tren blant fort en cas qu'on l'exige".10
 
Le 7 septembre 1778, le chapitre d'Andenne signa avec un Rifflart ur convention pour l'entretien annuel de l'orgue de la collégiale. Le préno n'est pas précisé mais il ne peut s'agir que de Gilles Joseph, étant le se Rifflart établi à cette époque à Bouvignes11.
 
En 1779, une convention est passée entre l'église de Bouvignes et un Ri flart résidant dans la localité: il doit toujours s'agir du même Gilles Josep Il fallait entretenir annuellement l'orgue pour 6 écus. Rifflart devait aus réparer ou remplacer "20 tuyaux de plein-jeu et recouvrir les soufflets do: les peaux sont toutes usées avec des peaux de veau bien douces et bien bla ches"12
 
En 1783, un Rifflart reçoit de "M. Chaveau, chanoine de Neufmoustie cinquante-six florins b[ra]bans, rente ech[u]e le 2° 7bre, item reçu ving cinq florins b[ra]bans pour mon gage d'organiste échu a la meme date", s'agit de Neufmoustier près de Huy13. La cinquantaine de kilomètres qui sép rent Huy de Bouvignes rend peu probable l'hypothèse qui ferait du facteur de l'organiste une même personne. Il y a dès lors deux possibilités: ou bi< il s'agit d'un autre Rifflart, ou alors le mot "organiste" est employé pour "o ganier", ce qui n'était pas exceptionnel à l'époque.
 
La dernière mention d'un facteur Rifflart au XVIIIème siècle ne précise son prénom ni la date de cette activité. Il s'agit en l'occurence de la con truction de l'orgue de l'église St-Servais à Liège. Trois auteurs en témc gnenf1._ Cet instrument fut vendu en 1856 à l'église de Crisnée; il a dispa depuis111. Comme l'aîné des fils de Gilles Joseph, François Joseph, n'avc que 17 ans en 1800, on peut penser, à moins d'envisager l'existence d'autr membres de la famille qui seraient restés inconnus, que ce dernier trav< est bien dû à Gilles Joseph.
 
Ce dernier décéda le 12 juillet 181716.
Les orgues de Seilles sont l’œuvre de Charles RIFFLART et de son fils Dieudonné, à Yvoir en 1847.
Elles sont encore régulièrement entretenues, comportent un seul clavier de 56 touches (de do 1 à sol 5) et un pédalier couplé de 30 marches (de do 1 à fa 3)


« Avant d’être un patronyme ancré dans les registres paroissiaux de Malonne, Rifflart était peut-être le cri d'un métier o  le reflet d'une force. Qu'ils soient descendants d'anciensouvriers bâtisseurs
de la Principauté de Liège ou héritiers de Jehan Rifflart
, maître des forges des Deux-Ry au XVIe siècle, les membres de cette lignée ont forgé leur destin dans le fer et la pierre de la région namuroise. »
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